Une borne de recharge solaire ne se branche pas sur les panneaux : elle se branche sur le tableau, comme n’importe quelle borne, et elle lit en permanence ce que la maison exporte vers le réseau. Quand ce surplus dépasse un seuil, elle l’envoie dans la voiture ; quand un nuage passe, elle ralentit ou s’arrête. Le principe tient dans une pince de mesure et un réglage de l’application, et il ne demande ni onduleur spécial ni batterie. La V2C Trydan 7 kW l’intègre d’origine, le monophasé démarre dès 1,4 kW de surplus contre 4,1 kW en triphasé, et le gain se joue au printemps et en été, quand la voiture est branchée aux heures de production.
Comment une borne de recharge solaire utilise le surplus
Une installation photovoltaïque en autoconsommation produit d’abord pour la maison. Ce que la maison ne consomme pas à l’instant où c’est produit part sur le réseau, et ce surplus est soit revendu à un tarif d’achat, soit perdu si vous n’avez pas signé de contrat de vente. La voiture est, de loin, le plus gros consommateur pilotable du foyer : une borne capable de moduler sa puissance transforme ce surplus en kilomètres au lieu de le laisser partir.
Pour le faire, la borne a besoin d’une mesure. Le montage le plus courant est une pince ampérimétrique posée au départ de l’installation, juste après le compteur Linky : elle voit passer le courant dans un sens quand vous importez et dans l’autre quand vous exportez. Certains constructeurs préfèrent lire directement l’onduleur ou un compteur d’énergie installé au tableau. Dans tous les cas, la borne reçoit une information toutes les quelques secondes et ajuste son courant de charge, en général ampère par ampère, pour que l’export tende vers zéro.
Trois modes reviennent d’une marque à l’autre, sous des noms qui varient. Le mode « surplus seul » ne charge que sur ce que les panneaux laissent disponible, et coupe la charge quand ce n’est pas suffisant. Le mode « surplus avec minimum » garantit une puissance plancher prise sur le réseau et y ajoute le surplus par-dessus : la voiture avance quoi qu’il arrive, sans gaspiller l’excédent. Le mode « pleine puissance » ignore le solaire et charge comme une borne classique, ce qui reste utile la veille d’un long trajet.
Quelles bornes gèrent la charge sur surplus ?
Toutes les bornes connectées ne savent pas moduler sur le surplus, et celles qui le savent ne le font pas toutes de la même façon. La V2C Trydan, la borne 7 kW la moins chère de notre catalogue, intègre cette fonction nativement. La pince de mesure se raccorde directement sur la borne et les modes se choisissent dans l’application V2C. La borne fonctionne quel que soit l’onduleur, puisqu’elle mesure au compteur et non chez le fabricant des panneaux. C’est la même pince qui sert au délestage, ce qui explique que les deux fonctions arrivent ensemble. Nous avons détaillé son comportement dans notre test complet de la V2C Trydan.
Chez Hager, la gestion du surplus dépend de la version de la Witty choisie : le constructeur propose une déclinaison prévue pour la charge solaire, distincte de la Witty One de notre catalogue. Schneider et Ohme rattachent la fonction à leur application ou à leur gestionnaire d’énergie, avec des conditions qui changent selon le modèle et parfois selon la version du logiciel. La règle est simple : avant de commander, posez la question au constructeur ou à l’installateur en nommant la référence exacte, et demandez comment la mesure est faite, par pince ou par lecture de l’onduleur.
Un point que les fiches produit disent rarement : la modulation demande une borne qui accepte de charger à faible courant et de changer de consigne souvent. Une prise renforcée, qui délivre une puissance fixe sans communication, ne peut pas le faire. Et la voiture doit suivre : la quasi-totalité des véhicules récents acceptent une consigne variable, mais certains modèles anciens interrompent la session quand le courant tombe trop bas, puis ne la reprennent pas seuls. Un essai lors de la mise en service lève le doute.
Combien de panneaux faut-il pour recharger une voiture au soleil ?
Le raisonnement part de la voiture, pas du toit. Une citadine ou une berline compacte consomme de l’ordre de 15 à 20 kWh aux 100 km selon le modèle et la saison. Pour 50 km par jour, il faut donc environ 10 kWh dans la batterie, et une part seulement viendra du soleil, celle produite pendant que la voiture est branchée et que la maison n’a pas besoin de cette énergie.
C’est là que la recharge solaire se distingue d’un calcul de production annuelle : la borne ne voit que la puissance disponible à l’instant. Une installation de 3 kWc plafonne à 3 kW en plein midi d’été, par ciel dégagé, avec des panneaux bien orientés. Retirez la consommation de fond de la maison, quelques centaines de watts entre le réfrigérateur, la box et les appareils en veille, et le surplus se situe souvent entre 1 et 2,5 kW. Un lave-linge ou une pompe à chaleur en marche le font tomber à zéro le temps du cycle. Avec 6 kWc, la marge est deux fois plus large et la borne charge plus longtemps dans la journée.
La deuxième variable est la présence du véhicule. Une voiture qui part au travail à 8 h et revient à 19 h ne verra jamais le surplus de midi. La recharge solaire fonctionne bien pour un véhicule qui reste à la maison en journée, un deuxième véhicule, un télétravailleur ou un retraité. Dans les autres cas, elle complète une recharge de nuit programmée sur les heures creuses, qu’il vaut mieux organiser d’abord ; notre article sur la recharge en heures creuses explique comment.
Monophasé ou triphasé : le seuil des 6 A change tout
Une borne ne peut pas descendre en dessous d’un certain courant. La norme qui régit la communication entre la borne et la voiture fixe ce plancher à 6 A par phase. En monophasé, sous 230 V, cela représente environ 1,4 kW ; en dessous de ce surplus, la borne ne peut pas charger et attend. En triphasé, les 6 A s’appliquent sur les trois phases à la fois, et le plancher monte à environ 4,1 kW.
Cette différence pèse plus que la puissance maximale de la borne. Sur une maison triphasée avec 6 kWc de panneaux, un surplus de 4 kW n’apparaît que quelques heures par jour, en pleine saison, quand rien d’autre ne tourne. Le reste du temps, la borne triphasée ne démarre pas, alors qu’une borne monophasée aurait chargé à 1,4 ou 2 kW pendant toute la journée. Certains constructeurs contournent la limite en faisant basculer la borne d’un fonctionnement triphasé à un fonctionnement monophasé quand le surplus est faible ; la fonction existe, mais elle dépend du modèle et de la version, et elle se vérifie avant l’achat.
Pour un particulier dont l’objectif est d’absorber le surplus, une borne 7 kW monophasée est donc le choix naturel, même dans une maison alimentée en triphasé. Le triphasé garde son intérêt pour la recharge rapide sur réseau, en pleine puissance, avec un véhicule qui accepte 11 ou 22 kW en courant alternatif. Le mode « surplus avec minimum » réconcilie les deux besoins au quotidien : la borne prend 6 A sur le réseau quand il le faut et y ajoute le soleil dès qu’il y en a.
Ce que la recharge solaire change sur la facture
Le gain vient d’un écart de prix : le kilowattheure que vous achetez au réseau coûte plusieurs fois ce que vous rapporte le kilowattheure revendu en surplus. Chaque kWh détourné vers la voiture vous fait économiser le prix d’achat et ne vous fait perdre que le prix de vente, bien plus bas. C’est la raison pour laquelle le calcul est favorable quelle que soit la région, tant que la voiture est présente aux bonnes heures.
Ce gain n’est pas gratuit pour autant. La borne solaire ne coûte pas plus cher qu’une borne connectée classique quand la fonction est intégrée, ce qui est le cas de la V2C Trydan à 719 € TTC hors pose pour la version 7 kW ; la pince de mesure et son câblage s’ajoutent au devis quand ils ne sont pas fournis. La pose relève de la même qualification IRVE (infrastructure de recharge pour véhicules électriques) et bénéficie de la TVA à 5,5 %, le matériel étant facturé à 20 %. Le crédit d’impôt pour les bornes, lui, est terminé depuis le 31 décembre 2025 et n’a pas été reconduit.
Ce qui limite l’économie, c’est la quantité de surplus réellement disponible, et elle est saisonnière. De novembre à février, une installation domestique produit peu et la maison consomme davantage : la voiture se recharge alors surtout la nuit, sur le réseau, en heures creuses. La recharge solaire est un complément qui pèse au printemps et en été, pas un remplacement du contrat d’électricité. Une batterie domestique peut décaler une partie du surplus vers le soir, mais son coût et son dimensionnement relèvent d’une étude à part, distincte de celle de la borne.
Questions fréquentes
Faut-il un onduleur particulier pour une borne de recharge solaire ?
Non, tant que la borne mesure au compteur avec sa pince ampérimétrique. Elle lit le sens du courant à l’entrée de la maison, sans dialoguer avec l’onduleur, et fonctionne donc avec des micro-onduleurs comme avec un onduleur central. Seules les bornes qui lisent la production directement chez l’onduleur imposent une liste de marques compatibles.
Peut-on recharger uniquement au solaire, sans jamais tirer sur le réseau ?
Oui, avec le mode « surplus seul », à condition d’accepter que la charge s’interrompe quand le surplus passe sous 1,4 kW en monophasé. En pratique, ce mode convient à une voiture qui reste garée en journée et dont on ne compte pas l’autonomie au kilomètre près. Pour le quotidien, le mode avec puissance minimale est plus confortable.
Une borne triphasée 22 kW peut-elle charger sur le surplus ?
Elle le peut, mais seulement à partir d’un surplus d’environ 4,1 kW, puisque son plancher de 6 A s’applique sur trois phases. Sur une installation domestique, ce niveau est rare hors plein été. Une borne 7 kW monophasée capte bien plus d’heures de surplus, sauf si le modèle triphasé sait basculer en monophasé.
La recharge solaire fonctionne-t-elle avec une prise renforcée ?
Non. Une prise renforcée délivre une puissance fixe et ne communique pas avec le véhicule ; elle ne peut ni mesurer le surplus ni moduler le courant. La charge sur surplus exige une borne pilotable.
Retenez l’essentiel : la borne solaire est une borne classique qui sait lire le compteur et moduler, le plancher de 6 A rend le monophasé bien plus efficace que le triphasé pour capter le surplus, et le gain dépend d’abord des heures où la voiture est branchée. Si vos panneaux sont posés ou prévus, faites-nous parvenir votre puissance installée et vos horaires de présence : le devis vous dira quelle borne et quel mode conviennent.
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Publié le 28 janvier 2025, mis à jour le 1er octobre 2026.





