Recharger sa voiture électrique en heures creuses est la première économie à faire, et elle ne demande qu’un réglage : la borne démarre seule à l’heure où le kWh baisse et s’arrête quand il remonte. Les plages horaires dépendent de votre contrat et de votre commune, et le gain dépend de l’écart de prix entre heures pleines et heures creuses chez votre fournisseur. Vos plages exactes figurent sur la facture et sur l’écran du compteur Linky ; à 15 000 km par an et 5 centimes d’écart par kWh, la charge de nuit fait gagner environ 130 € par an, avant le surcoût de l’abonnement.
Comment fonctionnent les heures creuses pour une voiture électrique ?
L’option heures pleines / heures creuses découpe la journée en deux tarifs : huit heures par jour où le kWh coûte moins cher, seize heures où il coûte un peu plus qu’avec un abonnement de base. Le fournisseur fixe les prix ; les plages horaires, elles, sont attribuées par le gestionnaire du réseau, Enedis sur la majeure partie du territoire, en fonction de la commune et de l’état du réseau local. Vous ne les choisissez pas.
Ces plages ne sont pas les mêmes partout. La configuration la plus répandue place les huit heures d’un bloc la nuit, par exemple de 22 h à 6 h ou de 23 h à 7 h ; d’autres les coupent en deux, avec une partie en début d’après-midi et une partie de nuit. Vos plages exactes figurent sur votre facture, dans votre espace client et sur l’écran du compteur Linky, en faisant défiler les informations avec le bouton. Vérifiez-les avant de programmer quoi que ce soit : une borne réglée sur une plage qui n’est pas la vôtre charge au tarif plein sans que rien ne le signale.
Le passage à l’option heures creuses se demande à votre fournisseur ; avec un compteur Linky, le changement se fait à distance, sans intervention. L’abonnement mensuel est un peu plus élevé qu’en option Base, et le kWh en heures pleines aussi : l’option est rentable si une part suffisante de la consommation bascule la nuit, ce qui est précisément le cas dès qu’une voiture électrique se recharge à la maison, en général avec le chauffe-eau.
Combien économise-t-on en rechargeant la nuit ?
Le calcul tient en une multiplication : kWh rechargés dans l’année × écart de prix entre heures pleines et heures creuses. Une voiture qui parcourt 15 000 km par an à 17 kWh aux 100 km consomme 2 550 kWh. Si l’écart entre les deux tarifs est de 5 centimes par kWh, ordre de grandeur indicatif à remplacer par celui de votre contrat, faire basculer toute cette recharge en heures creuses fait gagner environ 130 € par an. À 6 centimes d’écart, 150 € ; à 4 centimes, un peu plus de 100 €.
Ces montants ne tiennent pas compte de l’abonnement plus élevé de l’option, ni du surcoût des heures pleines sur le reste de la maison. Faites le compte complet avec vos tarifs : la simulation prend cinq minutes avec une facture sous les yeux. Pour la plupart des foyers équipés d’une voiture électrique, le résultat est positif, parce que la recharge devient vite le premier poste de consommation et qu’elle est entièrement déplaçable.
Les prix du kWh changent plusieurs fois par an et les écarts entre offres sont larges ; nous ne les citons donc pas ici. Ce qui ne change pas, c’est le principe : plus la part de votre consommation qui peut attendre la nuit est grande, plus l’option heures creuses rapporte, et une voiture électrique est l’usage qui attend le mieux.
Programmer la recharge depuis la borne
La méthode la plus fiable est de laisser la borne décider. Vous branchez la voiture en rentrant, la borne attend l’heure programmée, charge, et s’arrête à la fin de la plage ou quand la batterie est pleine. Le réglage se fait une fois, dans l’application du fabricant, et il survit au changement de voiture. Notre article sur la borne connectée détaille ce que l’application permet.
Sur la V2C Trydan, l’application V2C Cloud propose une programmation horaire : vous saisissez vos plages, la borne bloque la charge en dehors. Le même écran permet de limiter la puissance ou de fixer une quantité d’énergie à livrer, utile si vous voulez seulement remonter de 30 kWh dans la nuit. Notre test complet de la V2C Trydan détaille ces réglages.
La Schneider Charge se programme de la même façon depuis son application, avec des plannings par jour de la semaine. L’Ohme ePod S se pilote depuis son application, où l’on renseigne ses plages tarifaires et son heure de départ ; la borne organise la charge dans ces créneaux et communique en 4G, sans dépendre du Wi-Fi du garage. La Hager Witty accepte, en plus de sa programmation, une entrée filaire reliée au contact du compteur : quand le signal heures creuses est présent, la borne charge ; sinon elle attend.
Dans tous les cas, une borne programmée a besoin de connaître l’heure : les modèles connectés la prennent sur Internet, d’où l’importance d’un Wi-Fi qui atteint le garage ou d’un modèle en 4G.
Les autres façons de piloter : la voiture et le contacteur
La voiture aussi sait attendre. Presque tous les modèles proposent une charge programmée dans leurs menus ou leur application : vous fixez une heure de début, ou une heure de départ, et la voiture reste branchée sans tirer de courant jusque-là. C’est pratique quand la borne n’est pas connectée ou en déplacement sur une borne étrangère. Deux limites : le réglage est à refaire à chaque changement de voiture, et une voiture qui a chaud ou froid peut décider de charger un peu hors plage pour conditionner sa batterie.
Le contacteur heures creuses est la solution d’avant les bornes connectées, et elle fonctionne toujours. Le compteur Linky dispose d’un contact qui se ferme pendant les heures creuses ; un contacteur dans le tableau alimente la borne seulement quand ce contact est fermé, exactement comme pour un chauffe-eau. La borne n’a alors besoin d’aucune application. L’inconvénient est net : impossible de charger en journée sans aller basculer le contacteur en marche forcée dans le tableau. Il convient surtout aux prises renforcées, comme la Hager 3,7 kW, qui n’ont pas de programmation intégrée.
Quand une borne connectée et une programmation dans la voiture coexistent, ne programmez qu’une seule des deux : la charge ne démarre que si les deux autorisent, et deux plages décalées de quinze minutes font perdre du temps de nuit sans que personne ne comprenne pourquoi.
Huit heures de nuit suffisent-elles à remplir la batterie ?
Une borne 7,4 kW livre 7,4 kWh par heure ; sur une plage de huit heures, elle rend jusqu’à 59 kWh, une batterie entière pour la plupart des voitures. Une borne 22 kW en triphasé fait le même travail en moins de trois heures, ce qui n’apporte rien la nuit mais compte quand les heures creuses sont coupées en deux blocs courts. Une prise renforcée 3,7 kW rend une trentaine de kWh en huit heures, soit 170 km : suffisant pour un usage quotidien, insuffisant pour repartir pleine après une journée à vide.
Le besoin réel est plus modeste que la capacité : 40 km par jour font 7 kWh, soit une heure de charge à 7,4 kW. La programmation ne sert donc pas à gagner du temps, elle sert à ne charger qu’au bon tarif. Ce qui peut coincer, c’est la puissance disponible pendant la plage : le chauffe-eau, lui aussi en heures creuses, démarre souvent au même moment, et sur un abonnement 6 ou 9 kVA le total dépasse ce que le compteur autorise. C’est le rôle du délestage dynamique, offert avec la V2C Trydan et l’Ohme ePod S, chiffré au devis sur les autres bornes : la borne baisse pendant que le ballon chauffe et remonte ensuite, et l’ensemble tient dans la nuit.
Si votre voiture doit repartir avec une batterie pleine chaque matin après de longues journées, faites le calcul : kWh à récupérer divisés par la puissance de la borne, comparés aux heures creuses disponibles. Tant que le résultat tient dans la plage, tout se passe la nuit ; sinon, la borne finit en heures pleines, ce qui coûte quelques euros et non une panne.
Tempo et solaire : aller plus loin que les heures creuses
L’option Tempo d’EDF va plus loin que le simple heures pleines / heures creuses : elle colore les jours en bleu, blanc ou rouge, 300 jours bleus, 43 blancs et 22 rouges par an, avec un kWh très bas les jours bleus et très élevé en heures pleines des jours rouges. Les heures creuses y sont fixes, de 22 h à 6 h. Une voiture électrique s’y prête bien, à condition que la borne charge exclusivement en heures creuses, où le tarif reste inférieur aux heures pleines même en jour rouge, et que vous puissiez décaler une charge d’un jour rouge à un jour bleu, ce que l’application de la borne permet en un geste.
Si vous avez des panneaux photovoltaïques, la logique s’inverse : le kWh le moins cher est celui que vous produisez en journée. La V2C Trydan propose un mode solaire qui module la puissance de charge sur le surplus de production mesuré par la pince ampèremétrique, avec une charge de complément la nuit en heures creuses. Le sujet est développé dans notre article sur la recharge solaire en autoconsommation.
Questions fréquentes
Quelles sont les heures creuses chez moi ?
Elles figurent sur votre facture, dans votre espace client fournisseur et sur l’écran du compteur Linky. Elles sont fixées par le gestionnaire de réseau selon votre commune et peuvent être d’un seul bloc la nuit ou coupées en deux. Elles ne se choisissent pas, mais elles peuvent changer, d’où l’intérêt de les revérifier de temps en temps.
Faut-il une borne connectée pour recharger en heures creuses ?
Non, mais c’est le plus simple. Une borne connectée se programme une fois dans l’application ; sans elle, la programmation se fait depuis la voiture, ou par un contacteur heures creuses dans le tableau, qui interdit alors toute charge en journée sans manipulation.
Une borne 7 kW recharge-t-elle une batterie complète en une nuit d’heures creuses ?
Oui : huit heures à 7,4 kW rendent jusqu’à 59 kWh, plus que la capacité de la plupart des batteries. Le besoin quotidien réel est de 5 à 10 kWh pour 30 à 60 km, soit une heure de charge environ.
L’option heures creuses est-elle toujours rentable avec une voiture électrique ?
Presque toujours, parce que la recharge devient le premier poste de consommation et se déplace entièrement la nuit. Elle l’est moins si vous rechargez surtout au bureau ou si votre abonnement Base est déjà très bas ; refaites le calcul avec les tarifs de votre contrat avant de changer.
À retenir : lisez vos plages sur votre facture ou votre Linky, programmez-les une fois dans l’application de la borne, et laissez le délestage gérer la cohabitation avec le chauffe-eau. Le gain se compte en dizaines d’euros par an au moins, sans effort une fois le réglage fait. Si votre borne n’est pas encore posée, indiquez vos plages et votre abonnement dans la demande de devis : nous en tenons compte dans le choix du modèle et le réglage à la mise en service.
À lire aussi : Installer une borne de recharge chez un particulier · Recharge solaire : coupler borne et panneaux photovoltaïques · V2C Trydan : test complet et avis
Publié le 25 janvier 2025, mis à jour le 17 septembre 2026.





