Installer une borne de recharge en copropriété se fait par deux voies : une borne individuelle sur votre place, obtenue par le droit à la prise sans vote, ou une infrastructure collective votée en assemblée générale qui pré-câble tout le parking. La première prend quatre à six mois, la seconde souvent une année de l’étude à la mise en service. Dans les deux cas, la TVA à 5,5 % sur la pose et la prime ADVENIR — 50 % du HT, plafonnée à 1 000 € HT par point individuel et à 12 500 € HT pour l’infrastructure d’un parking de 100 places — réduisent l’addition, à condition de déposer le dossier avant les travaux.
Deux voies pour une borne de recharge en copropriété
La voie individuelle repose sur le droit à la prise. Vous informez le syndic par lettre recommandée, il dispose de trois mois pour s’opposer devant le tribunal judiciaire, et passé ce délai l’installateur intervient. Vous payez votre borne, votre câble et votre comptage ; la copropriété ne débourse rien. C’est la voie la plus rapide quand vous êtes le premier, ou l’un des rares, à rouler en électrique dans l’immeuble. La procédure, ses pièces et ses délais sont détaillés dans notre article sur le droit à la prise en copropriété.
La voie collective consiste à équiper le parking d’une infrastructure commune : une alimentation dédiée depuis le point de livraison de l’immeuble ou un nouveau point Enedis, un tableau de distribution, et un cheminement de câbles qui passe devant chaque place. Chaque résident qui veut une borne s’y raccorde ensuite, avec un sous-compteur, et paie sa borne et son raccordement. La copropriété paie l’infrastructure, votée en assemblée générale, et un copropriétaire qui ne veut pas de borne ne finance pas celle de son voisin.
Laquelle choisir ? Le nombre de candidats tranche. Trois câbles individuels tirés à trois moments différents coûtent plus cher, ensemble, qu’un cheminement commun, et ils encombrent les plafonds. À partir de quelques demandes, ou dès qu’une résolution peut passer en assemblée, la voie collective devient plus rationnelle : elle se dimensionne pour l’avenir, elle bénéficie de l’aide ADVENIR sur la partie commune, et elle évite que le premier arrivé sature la puissance disponible. Les deux voies ne s’excluent pas : une borne posée au titre du droit à la prise peut être reprise plus tard sur l’infrastructure collective. Notre article infrastructure collective ou borne individuelle compare les deux voies.
Quelle borne, et depuis quel compteur ?
En copropriété, la question du compteur précède celle de la borne. Trois montages existent. Le premier, le plus simple, alimente la borne depuis le tableau de votre logement : il suppose que la place soit proche, ce qui arrive dans les petits immeubles avec parking au rez-de-chaussée, rarement en sous-sol. Le deuxième crée un point de livraison Enedis à votre nom dans le parking, avec son propre compteur et son propre abonnement ; vous payez vos kWh comme chez vous. Le troisième raccorde la borne à l’infrastructure collective par un sous-compteur, et la copropriété ou son opérateur vous refacture au kWh réel.
Côté matériel, une borne 7 kW suffit à presque tous les usages en résidentiel : une nuit de recharge rend 60 à 70 kWh, soit plusieurs centaines de kilomètres. La V2C Trydan 7 kW, à 719 € TTC, embarque un module de délestage ; la Schneider Charge et l’Autel MaxiCharger AC Elite sont à 839 € TTC ; la Hager Witty One à 959 € TTC. Le 22 kW n’a de sens que si votre véhicule accepte cette puissance en courant alternatif et si le parking dispose du triphasé — notre comparatif 7 kW contre 22 kW détaille ce choix.
La gestion de la puissance est le point qui fait la différence entre un parking qui tient vingt bornes et un parking dont le disjoncteur général saute. Une borne individuelle raccordée à votre compteur se protège par le délestage : la borne baisse sa puissance quand le logement consomme. Une infrastructure collective se pilote par gestion dynamique : le tableau répartit en permanence la puissance disponible entre les bornes en train de recharger, de sorte que dix voitures branchées le même soir se partagent l’alimentation au lieu de la dépasser. C’est l’étude technique qui mesure la réserve de puissance de l’immeuble et dit s’il faut, ou non, une alimentation dédiée depuis Enedis.
Le parcours d’une installation collective, de l’étude à l’assemblée générale
Un projet collectif commence par une étude technique du parking : puissance disponible au point de livraison, cheminement possible des câbles, nombre de places, contraintes de ventilation et d’accès en sous-sol. L’étude se fait sur photos et plan, et le relevé sur place s’ajoute quand le projet l’exige — ce qui, pour un parking collectif, est presque toujours le cas. Cette étude produit un devis et un schéma que le conseil syndical peut lire. Sans elle, l’assemblée vote sur une idée ; avec elle, elle vote sur un projet chiffré, et c’est ce qui fait passer une résolution.
La résolution s’inscrit à l’ordre du jour de l’assemblée générale, ce qui suppose de la transmettre au syndic avant l’envoi des convocations — celles-ci partent au moins vingt et un jours avant la séance. Les travaux d’installation d’une infrastructure de recharge se votent à la majorité de l’article 24 de la loi de 1965, c’est-à-dire à la majorité des voix des copropriétaires présents, représentés ou votant par correspondance. Ce n’est ni la majorité absolue ni la double majorité : une résolution bien préparée, avec le montant, l’aide ADVENIR déduite et la répartition des charges, est celle qui se vote. Côté syndic, les étapes du projet sont détaillées dans un article à part.
Après le vote, le syndic signe le devis et l’installateur dépose le dossier ADVENIR, obligatoirement avant le début des travaux. Si une alimentation dédiée est nécessaire, la demande de raccordement part chez Enedis en parallèle. Vient enfin la pose : chemin de câbles, tableau, protections par départ, et les premières bornes des résidents qui se sont déclarés. Chez LABORNELEC-ÉNERGIE, nous préparons l’étude, le devis, la résolution et le dossier d’aide pour le syndic ; le conseil syndical n’a plus qu’à faire voter.
Combien coûte le projet, et ce qu’ADVENIR 2026 prend en charge
Le coût d’une borne individuelle en copropriété se lit en deux lignes : le matériel, dont les prix figurent plus haut, et la pose, qui dépend de la longueur du câble, du mode de comptage et de l’état du parking. La pose est sur devis, gratuit et envoyé sous 48 h après l’étude ; nous ne publions pas de prix « pose comprise » parce qu’un câble de dix mètres et un nouveau point de livraison à soixante mètres n’ont pas le même prix. Notre article sur le coût d’une installation décrit poste par poste ce qu’un devis contient.
L’infrastructure collective se chiffre à l’échelle du parking, et son coût par place baisse avec le nombre de places desservies. Là encore, seule l’étude donne un chiffre ; ce qui est certain, c’est la part que le programme ADVENIR prend en charge en 2026, pour un dossier déposé avant travaux par un installateur labellisé :
| Volet | Prise en charge | Plafond |
|---|---|---|
| Point de charge individuel | 50 % du HT | 1 000 € HT par point |
| Infrastructure collective | 50 % du HT | 12 500 € HT jusqu’à 100 places, puis 125 € HT par place au-delà |
Le barème a été relevé le 1er avril 2026, et le programme court jusqu’en 2027. La TVA à 5,5 % s’applique par ailleurs à la pose et à l’installation d’une borne comme d’une prise renforcée, pour le propriétaire comme pour le locataire ; le matériel est facturé à 20 %. Le crédit d’impôt sur les bornes, en revanche, a pris fin au 31 décembre 2025 et n’a pas été reconduit : un devis qui le mentionne encore est un devis à ranger.
Quel délai prévoir, et quand faut-il commencer ?
Pour une borne individuelle, comptez quatre à six mois entre le premier contact et la première recharge : une à deux semaines d’étude, trois mois de délai du syndic — sauf réponse plus rapide de sa part —, puis la pose, en une journée si l’alimentation vient de votre compteur, en plusieurs semaines s’il faut un nouveau point de livraison Enedis. Le dossier ADVENIR se dépose pendant l’attente du syndic, pour ne pas perdre de temps une fois le feu vert obtenu.
Pour une infrastructure collective, le calendrier est celui de l’assemblée générale. Une copropriété qui tient son assemblée annuelle au printemps et qui n’a pas d’étude prête en janvier votera l’année suivante. Comptez donc un à deux mois pour l’étude et le devis, l’attente de l’assemblée, puis, après le vote, le dossier ADVENIR, le raccordement Enedis lorsqu’il est nécessaire — plusieurs semaines à plusieurs mois selon l’agence —, et enfin quelques jours à quelques semaines de chantier selon la taille du parking. Une année complète n’a rien d’anormal.
Le bon moment pour lancer l’étude est donc maintenant, avant la prochaine assemblée, et non le jour où la voiture est commandée. Une étude ne vous engage à rien ; elle donne au conseil syndical un projet lisible, et elle permet de choisir la voie — individuelle ou collective — en connaissance de cause. Si votre parking est en sous-sol, notre article sur la borne en parking souterrain décrit les contraintes propres à ce cas.
Questions fréquentes
Une prise renforcée suffit-elle en copropriété ?
Une prise renforcée 3,7 kW, comme la Hager à 390 € TTC, recharge une petite batterie en une nuit et coûte moins cher qu’une borne. Sa pose bénéficie de la TVA à 5,5 % comme celle d’une borne, mais elle ne bénéficie pas de l’aide ADVENIR et ne permet ni délestage ni gestion dynamique. En copropriété, où la puissance se partage, une borne pilotable est presque toujours le bon choix.
Le syndic peut-il refuser une borne individuelle ?
Il ne peut s’y opposer que pour un motif sérieux et légitime, par saisine du tribunal judiciaire dans les trois mois suivant votre lettre recommandée. Un refus par simple courrier n’a pas de valeur. Passé les trois mois sans saisine, les travaux peuvent commencer.
Qui paie l’électricité dans une infrastructure collective ?
Chaque résident paie ses propres kWh : la borne est raccordée derrière un sous-compteur, et la consommation est refacturée au réel par la copropriété ou par l’opérateur retenu. Aucune électricité de recharge ne remonte dans les charges communes.
Que devient la borne si je vends ou si je déménage ?
Elle reste sur la place, avec son câble et son comptage, et le nouvel occupant la reprend sans nouveaux travaux ni nouveau courrier au syndic. Une place équipée se valorise à la vente comme à la location.
Retenez ceci : une borne individuelle par le droit à la prise si vous êtes pressé et seul, une infrastructure collective votée à la majorité simple dès que plusieurs résidents sont concernés, et dans les deux cas un dossier ADVENIR déposé avant le premier coup de perceuse. Demandez l’étude avant l’assemblée : c’est elle qui fait voter.
À lire aussi : Borne de recharge en copropriété · Droit à la prise en copropriété · Installer une borne en parking souterrain
Publié le 16 septembre 2026, mis à jour le 1er octobre 2026.





